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Ghost Song

Création : 2023-2024
Création : La voyoute
Credits photos : Alban Van Wassenhove
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Une femme vient se présenter au public et se nomme pour la première fois, Estelle. Elle vient nous raconter l’histoire de Baptiste et de Rachel, un frère et une sœur en plein conflit autour de leur mère. A travers leurs échanges et des bribes de leur passé, nous découvrirons qui est Estelle et quel sont les non-dits qui hantent tous ces personnages.
A l’origine de ce projet, un laboratoire d’écriture théâtral au CDN de Caen initié par Anaïs Allais. Écrire sur l’intime. Se rendre compte de la puissance narrative de notre propre histoire. A l’origine de ce projet, une phrase écrite en plein exercice : « J’aurais pu, du être le frère d’Estelle. » C’est ainsi que très vite est apparu sur le papier, Estelle, cette sœur que je n’ai jamais connue. Il était donc question de fantôme dans ma propre histoire. Il était donc question de l’impact de sa nonexistence sur ma construction individuelle. Il s’agissait pour moi de faire naître cette personne qui n’est jamais née. Une naissance par la parole, une naissance par les mots. Le fantôme est cet être qui nous hante, qui se mêle indirectement à nos actes, à nos pensées. Il peut être cette personne aimée que nous refusons de voir disparaître. Il peut être également simple présence, esprit protecteur ou figure terrifiante. Ou il peut être une volonté d’oubli. Pour ma part, il est avant tout cette personne que nous avons choisi de faire exister. Il est une croyance. En suivant ce fil, cette porte d’entrée, il ne restait plus alors qu’à dérouler la fiction qui pourrait lui donner vie, qui lui permettrait de s’exprimer. J’ai ainsi pioché dans des détails de mon intimité et me suis échappé dans l’imaginaire afin de partager cette histoire, de la rendre la plus accessible possible. Le fantastique vient ici renforcer le réel, il est une porte d’entrée qui permet de révéler la fragilité de la mémoire. La mémoire n’est pas une source fiable, c’est une vérité parmi d’autres. Elle peut être dissimulée, transformée. On s’arrange bien avec son histoire. Alors, autant tenter de faire exulter cette vérité, en poussant les curseurs, grâce au fantastique. Pour une fois , l’imaginaire ne sert pas de fuite mais au contraire de miroir grossissant, loupe sur son histoire personnelle. Et pour s’appuyer sur le réel, il fallait
partir du conflit. C’est à travers le conflit de la sœur et du frère que pourra émerger la parole de cette sœur fantôme. Comme si cette parole était l’ accumulation de tous leurs non-dits, de toutes leurs rancœurs mais surtout de toutes leurs peines. Mais l’intérêt du conflit est qu’il y a plusieurs résolutions possibles. C’est donc une écriture sans détours, construite comme un thriller psychologique autour de trois personnages. Une écriture qui cherche à tenir en haleine. Une écriture qui cherche à aborder le sujet délicat du deuil.  Une écriture qui sait pour autant se faire drôle et tendre. C’est un chant personnel qui devait finalement se faire
entendre, une chanson fantôme que je fredonnais sans vraiment comprendre les paroles.

Guillaume Hermange

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